L'utilisation de déflateurs ou de la probabilité risque neutre relève, du point de vue théorique, du choix d'une technique de mise en œuvre des mêmes concepts et conduit donc au même résultat (voir par exemple cette note).
En pratique toutefois, l'estimation des paramètres peut conduire à des résultats différents, comme on peut s'en convaincre avec le cas simple d'un sous-jacent de type action :
- dans l'approche risque neutre, le seul paramètre à estimer est la volatilité de l'actif risqué, estimation qui pourra être effectuée en calculant la volatilité implicite à partir d'observations de prix de dérivés ;
- dans l'approche déflateurs, la distribution dans le monde historique du sous-jacent doit être effectuée et elle doit être complétée de l'estimation de la prime de risque pour le taux d'actualisation.
Si, en théorie, la prime de risque estimée pour le taux d'actualisation doit être équivalente à celle issue de la mesure de la tendance pour le sous-jacent, en pratique des écarts apparaissent qui conduisent à une divergence des résultats.
Dans le cadre d'une valorisation, estimer directement la densité risque neutre et éviter les déflateurs possède donc l'avantage d'une plus grande parcimonie et est de ce fait plus robuste. Mais dès qu'apparaît le besoin de déterminer un quantile, l'estimation de la probabilité historique est indispensable.