Le calcul des provisions pour les sinistres en cours en incapacité de travail est a priori un exercice élémentaire, puisqu'il s'agit simplement de déterminer l'espérance des flux futurs de prestations actualisés.
En pratique toutefois, deux difficultés apparaissent :
- l'identification des sinistres en cours à la date d'inventaire n'est pas simple ;
- l'incertitude sur le montant de la provision est importante du fait de la forte concavité de la loi de maintien.
Le premier point est en général résolu en déterminant arbitrairement les sinistres à provisionner comme étant ceux pour lesquels un paiement a été effectuée dans les N mois précédant l'inventaire. Cela implique incidemment qu'une loi de maintien intrinsèquement imprudente peut toutefois être certifiée pour le calcul des provisions, en lui adjoignant cette règle pour la définition des sinistres en cours, avec un N assez grand : cela conduit à provisionner des sinistres clos et vient ajouter de la prudence globale au calcul.
Pour ce qui concerne l'incertitude associée au calcul, si l’on s’intéresse à l’estimation du montant des paiements à effectuer dans les 12 mois suivant la date d’inventaire on peut retenir une incertitude de plus ou moins 8 % avec 2 500 sinistres et de plus ou moins 25 % avec 250 sinistres (l'incertitude est mesurée par la demi-largeur de l'intervalle de confiance à 95 %).
La conséquence la plus directe en est que la détermination d'une loi de provisionnement d'expérience est délicate, alors même que cet exercice devient difficilement contournable dans le dispositif Solvabilité 2.
Nous y reviendrons prochainement.