Comme on a eu l'occasion de l'évoquer ici récemment, la titrisation du risque de longévité ne se développe que de manière marginale. Parmi les raisons de ce faible développement, on peut notamment citer la difficulté à estimer de manière consensuelle et robuste l'évolution de l'espérance de vie future. La révision récente par l'INSEE des anticipations d'espérance de vie pour la France en fournit une illustration. Or un écart d'appréciation d'un an de l'espérance de vie à 65 ans se traduit par une variation de 3% des provisions des fonds de pension UK.
Dans ces conditions, on conçoit que les investisseurs aient du mal à apprécier le risque, qui, au surplus, s'avère un risque peu diversifiable puisqu'il s'agit d'un phénomène global.
Dans ce contexte, un article publié dans le n°86 de la revue Risques propose la création par les Etats d'obligations indexées sur la longévité. En pratique les auteurs suggèrent que l'Etat procède à l'émission d'obligations indexées sur la longévité, à un prix suffisamment bas pour qu'elle soit souscrite. Ils proposent donc que l'Etat prenne à sa charge une part significative du risque de tendance pour limiter le risque laissé au marché, qui pourrait alors se développer.
Dans le cadre de la définition du partage de la richesse produite que constituent les problématiques de retraite au niveau d'un pays, on voit mal comment le fait de transférer à des intervenants privés une partie de la marge technique pour conserver du coté de la puissance publique la charge des situations les plus adverses pourrait contribuer à améliorer la situation, et ce d'autant plus dans la situation actuelle de crise des dettes souveraines...